La chasse au vol

Publié le par Arthur Herve

La chasse au vol

La chasse au vol est une méthode de chasse avec les oiseaux de proie qui a pour base l’élevage, l'apprivoisement et le dressage de certains oiseaux de proie diurnes comme l'épervier, la buse de Harris, l'autour, mais les plus prisés sont les faucons. Puis, en fonction de l'oiseau utilisé, la chasse au vol se pratique sous deux formes : le haut vol ou le bas vol. Mais cette discipline ancestrale au vocabulaire spécifique a évolué avec le temps. L’ancienne volerie du Moyen Age est ainsi devenue, dans son acception large, fauconnerie qui regroupe aujourd’hui quatre disciplines : d’abord la chasse au vol, elle-même divisée en bas vol (ou autourserie) et en haut vol (ou fauconnerie vraie), puis l’effarouchement qui est une méthode d’éloignement d’espèces nuisibles par des rapaces, ensuite la volerie, terme récupéré pour désigner la présentation de rapaces a des fins mercantiles ou pédagogiques et enfin l’élevage, conséquence de la protection des rapaces (interdiction de les prélever dans la nature et de les détenir).
Pourtant, si l'art de la fauconnerie semble attirant, on ne doit pas s'y lancer à la légère. Mal maîtrisé, il donne des résultats lamentables car, comme le disent les fauconniers eux même : la fauconnerie ne connaît que la perfection ou l’échec.


 
 

 LES MÉTHODES DE FAUCONNERIE.
Dans la plupart des pays, la fauconnerie est traditionnelle car souvent multiséculaire, et la pratique de la chasse au vol n'a guère changé depuis l’origine, hormis un perfectionnement de la technique par l'usage du leurre (proie factice) et du chaperon (coiffe de cuir qui recouvre la tête), rapporté d'Orient par les croisés et décrit dans le « De arte venandi cum avibus » de l'Empereur Frédéric II. Pourtant, si chaque région du globe possède une fauconnerie spécifique, on admet l’existence de deux conceptions de chasse au vol, une, dite ancestrale, et une autre, plus contemporaine.

La méthode ancestrale et traditionnelle s’appuie sur les usages transmis de génération en génération et est peu évolutive, comme par exemple au Moyen-Orient où les faucons sont utilisés traditionnellement pour le vol de l'outarde dans le désert.

La méthode contemporaine de fauconnerie est pratiquée par les pays jeunes (Etats-Unis, par exemple), sans passé historique en matière de chasse au vol. Elle est en perpétuelle évolution dans les méthodes de dressage, d'entraînement et d’utilisation à la chasse.

L'Europe, malgré son riche passé de traditions, offre un mélange de fauconnerie traditionnelle et contemporaine, avec, par exemple l'introduction des buses américaines et avec des différences d'un pays à l'autre (selon le gibier, l'environnement et le climat).

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Photos D & P Mariottini

Photo d'un aigle ravisseur  (Cliquez pour agrandir la photo)

          Photo d'un aigle au poing (Cliquez pour agrandir la photo)

Aigle en bas vol sur les dunes de sable (Cliquez pour agrandir la photo)

      Aquila rapax – Aigle de bas vol

Prêt pour un bas vol

Bas vol de l’aigle                


 LE TYPE D’OISEAU DÉTERMINE LA HAUTE OU LA BASSE VOLERIE

Les rapaces diurnes, ou falconiformes, se divisent en deux familles: les Accipitridés dont font partie (entre autres) les autours, les éperviers, les buses, mais aussi les aigles et les vautours, et les Falconidés qui regroupent tous les faucons. Mais parmi tous ces oiseaux de proie seuls les rapaces chasseurs sont qualifiés de « nobles » et aptes à la fauconnerie et le type d’oiseau utilisé dépend du type de proie. Ainsi, le faucon pèlerin est utilisé pour les perdrix et l’autour des palombes pour les lièvres. Aux deux types de rapaces diurnes « nobles » correspond deux types de vol : la haute volerie et la basse volerie
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Photo d'un faucon  (Cliquez pour agrandir la photo)

       Photo d'un faucon au poing (Cliquez pour agrandir la photo)

 Photo d'un faucon en haut vol plané (Cliquez pour agrandir la photo)

           Faucon pèlerin (haut vol)

Prêt pour un haut vol

Faucon en haut vol (plané)           


Le haut vol et la fauconnerie
On nomme ainsi le vol d'un oiseau déjà en vol lors du départ d’une proie. La haute volerie utilise les différentes espèces de faucon dont le sacre, le gerfaut, le lanier, mais aussi le hobereau, le crécerelle et l’émerillon. Mais dans ce groupe, le plus noble des nobles c’est le faucon pèlerin, lui même appelé « Le Faucon », celui qui a donné son nom à la fauconnerie, terme élargi à l’ensemble de la chasse au vol.
Ces oiseaux de haut vol ont de longues ailes effilées et les yeux sombres. Les proies d'un faucon de haut vol sont des oiseaux en vol et la vitesse de l'attaque et de l'impact rend dangereux la proximité du sol ou d'un obstacle. Dans ce type de vol le rapace « monte d’amont » et plane jusqu’à ce que la proie apparaisse. Quand le faucon a atteint un point suffisamment haut, le fauconnier fait partir la proie sur laquelle le faucon « fond » et s’abat à très grande vitesse, puis les faucons sont dressés pour revenir au leurre (d’où le terme d’oiseaux de leurre donné autrefois aux faucons).

Le bas vol et l’autourserie
Durant des siècles la basse volerie a utilisé l’autour et l’épervier, puis se sont rajouté, l’aigle, et, depuis peu, les buses (buse de Harris et buse à queue rousse). C’est pourquoi, aujourd’hui, la pratique de la basse volerie regroupe l’autourserie (de l’autour) et l’esparverie (de l’épervier), mais aussi et de façon plus restreinte, l’aiglerie (de l’aigle) et enfin très récemment la butéonerie (de buteo, nom latin de la buse). Cette classification à la française, selon la taxinomie et l’aptitude, est plus complexe que l’anglaise qui ne reconnaît que trois groupes, basés sur l’anatomie des ailes (longues, courtes et larges).
Ces oiseaux de bas vol ont en principe les yeux jaunes, les ailes courtes et arrondies (pour l’autour et l’épervier), ou large (pour les aigles et les buses) et une queue importante leur permettant de brusques changements de direction. Les proies d'un oiseau de bas vol sont multiples : à plumes et à poil. Dans ce type de vol le rapace est retenu sur le poing du fauconnier jusqu’à ce que celui-ci fasse partir le gibier et l’oiseau s'élance à la poursuite de la proie, puis il revient au poing (d’où le nom d’oiseaux de poing donné aux oiseaux de bas vol).
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               Retour au leurre

Retour au poing

Il faut affriander l’oiseau             


 LES TECHNIQUES DE LA FAUCONNERIE

L’affaitage. Avant de pratiquer la chasse avec des oiseaux de proies, il faut les soumettre à la captivité et pratiquer l’affaitage(dressage), qui exige des heures et des jours de travail pendant plusieurs semaines.
L’affaitage d’un oiseau, pas plus que la chasse au vol, ne s’apprend dans les livres ou sur Internet, aussi les lignes qui suivent ne sont qu’un aperçu (très simplifié) de ces techniques.
- Au début de l’affaitage, il faut habituer l’oiseau et l’affriander, c'est-à-dire aiguiser son appétit et flatter son goût avec de petits bouts de viande ou beccade. Pour qu'il reste calme on lui recouvre la tête et les yeux avec un Chaperon, (capuchon de cuir). Le fauconnier, qui protège sa main avec un épais gant de cuir, enlève le chaperon de la tête de l'oiseau qui prend alors son envol, puis doit retourner vers la main du chasseur qui va le gratifier en lui donnant un bout de viande afin que l’oiseau s'habitue à revenir vers lui pour obtenir sa récompense (et abandonne, plus tard, l’envie de s’échapper en cours de chasse).
- En général, les femelles (appelées formes) sont très appréciées pour la chasse car elles sont plus grosses et plus puissantes que les males (appelés tiercelets car un tiers plus petits que les femelles).

Le faucon : le meilleur des oiseaux de proie
Rapide comme un avion de chasse, maniable comme un avion de voltige, le faucon rassemble à lui seul les qualités du pilote et la technicité de l’appareil. Pour ne pas diminuer la vitesse de l'animal, ses ailes sont longues et pointues, et sa queue, contrairement à celle des autres rapaces, reste fermée et allongée, parallèlement aux ailes, elles même rabattues vers le corps. En vol le corps du faucon est fuselé, et lors de l’attaque, tel un projectile, le faucon se lance en piqué sur sa proie et la buffete (frapper violemment). Sa vitesse maximale peut alors atteindre 250 km/h (en savoir plus)

 AUTRES ASPECTS DE LA FAUCONNERIE

L’effarouchement
C’est une méthode d’éloignement naturel par des rapaces. Actuellement, villes (clochers, monuments historiques...), aéroports et décharges publiques sont envahies ou dégradés par un grand nombre de pigeons, mouettes et goélands, qui sont devenus nuisibles, bruyants et parfois agressifs. Pour les faire fuir, on fait appel à des fauconniers pour qu’ils viennent lâcher leurs rapaces. Généralement, à la vue d'un oiseau de proie, les oiseaux quittent leur domicile. L’effarouchement fait appel à la peur de la proie, inscrite dans sa mémoire génétique comme un danger vis à vis du prédateur. Ainsi le survol d’un site par un faucon pendant plusieurs jours engendre la fuite puis le départ de l’espèce indésirable. Il suffit d’adapter le choix des rapaces en fonction des sites et des espèces à effaroucher. Dans de nombreux pays les aéroports utilisent la fauconnerie pour éloigner les oiseaux afin de protéger les réacteurs d’avions.

Les spectacles de volerie.
Avec une visée souvent commerciale, ils s’effectuent le plus souvent à partir de centres qui disposent de voleries, accessibles au grand public, pour faire découvrir les oiseaux de proie. Les rapaces, diurnes et nocturnes, parfois très exotiques, sont les principaux acteurs de ces spectacles et volent pendant les représentations. Quelquefois il s’agit de démonstration d’affaitage (dressage) ou de découverte pédagogique, mais le plus souvent, ces spectacles s’exécutent dans un cadre culturel en costumes d’époque et combinent faucons et chevaux, mais les acteurs de ces show sont plus des artistes que de véritables fauconniers. Alors que la vraie fauconnerie à cheval est une technique de chasse qui remonte aux origines de la fauconnerie, lorsque les nomades Kirghizes ou Kazakhs chevauchaient dans les plaines d’Asie avec leurs aigles royaux, en quête de gibier, de renards et même de loups.

La fauconnerie à cheval.
Aujourd’hui, la fauconnerie à cheval est devenue un art pratiqué par quelques passionnés qui doivent faire cohabiter cheval et rapace et savoir harmoniser la relation entre les deux animaux (au départ, un cheval a naturellement peur des oiseaux et le dresseur doit l’accoutumer). Le dressage du cheval et l’affaitage du faucon sont un patient travail de tous les jours, qui se poursuit durant toute la vie des animaux.

L’élevage des rapaces
Grâce à la convention de Washington les rapaces sont protégés dans la majorité des pays. Si chaque pays détermine ses exigences par ses propres lois, d’une manière générale elles respectent les conventions internationales dont une des conditions est le non prélèvement d’oiseau de vol dans la nature. De même ces animaux sont interdits à la détention, sauf autorisations délivrées aux fauconniers (chasseurs, effaroucheurs et voleries) et à condition de respecter les exigences.
Dans ces conditions sont nés des élevages d’oiseaux de proie qui s’occupent aussi de la reproduction des rapaces et pratiquent les hybridations d’espèces (gerfaut/pèlerin par exemple) qui consistent à essayer de combiner au mieux les caractères remarquables de chacun des parents, ce qui, bien sûr, ne marche pas à tous les coups.
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 Spectacle de volerie - Cliquez pour agrandir

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  « De arte venandi cum avibus »

Spectacle de volerie

Fauconniers au Kazakhstan              


 EN CONCLUSION
Il ne faut pas oublier que les oiseaux de proie ne sont pas des animaux de compagnie et on ne doit pas acheter un rapace comme on achète une perruche ou un canari car un oiseau de vol ne se met pas en cage
 et il faut respecter les normes internationales pour les installations de détention, il faut donc beaucoup d’espace pour le loger et l’entraînerd'autant qu'il doit voler tous les jours .
La fauconnerie est une technique de chasse pour passionnés, voire un mode de vie, pas un divertissement, comme pourrait le laisser croire les spectacles de voleries. La fauconnerie demande aussi beaucoup de savoir-faire, de temps et de patience, surtout pour l'élevage et le dressage, ainsi qu’une attention constante pour prévenir maladies et accidents qui peuvent coûter la vie à l'oiseau. Dans ces conditions, mieux vaut qu'elle reste l’affaire de spécialistes.

Publié dans chasse&pèche

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